BORDEAUX: La Rive Droite se mobilise / Septembre 2002 N°9

Ce n'est un secret pour personne, depuis quelques années, la rive droite focalise sur elle l'actualité et les médias par son dynamisme et ses innovations. Des innovations qui ont jeté un pavé dans la grande mare des vins de Bordeaux. Elles furent souvent jugées excessives dans un premier temps, et par la suite, plus crédibles pour ceux qui ont su raisonnablement se remettre en cause. Bref, elle permit une prise de conscience qui ne laissa personne indifférent. Souvent considérée comme la plus prestigieuse, notamment par ses grands châteaux et son classement immuable de 1855, le rive gauche médocaine semble actuellement moins motivée... disons plus conservatrice.

Une naissance

Ce ne fut donc pas une grande surprise de lire dans le Journal "Sud Ouest" du 12 juillet dernier qu'un association regroupant les forces vives de la Rive Droite venait de se constituer. Alain Raynaud en est le président et inscrit son rôle "dans un tandem à l'américaine" qu'il entend former avec son vice-président Alain Moueix, pour lui succéder après trois ans. Plus d'une centaine de propriétés adhèrent à cette association qui a pour titre  "Le Cercle des Grands Vins de la Rive Droite". Plusieurs commissions sont créées : promotion, stratégie et réflexion, technique, juridique et fiscale. Les fondateurs et initiateurs de ce projet sont, de gauche à droite sur notre photo: Jean-Daniel Rolland, Alain Moueix, Alain Raynaud, Pierre Bourotte, Michel Querre et Eric Herguido.

Outre l'instauration d'une dégustation des vins primeurs au printemps, le Cercle en organisera une autre chaque année au début de l'automne pour les professionnels.

Un concurrent ou un complément de l'Union des Grands Crus?

Jacques Ripoche souligne dans le Sud Ouest: "indirectement, "l'Union des Grands Crus" est à l'origine du "Cercle". Les fondateurs en avaient lancé l'idée, en avril dernier, après avoir constaté le succès international de la présentation des "primeurs" de l'UGC. Après avoir constaté également le "déficit" de représentation de la rive droite au sein de l'UGC, où sur l'ensemble de 124 châteaux, 32 seulement proviennent de Pomerol et de Saint-Emilion".

Le "Cercle" selon ses fondateurs ne se présente certainement pas en concurrent mais veut se situer dit-il "complémentaire offrant à Bordeaux une assise plus complète en rééquilibre les deux pôles de production". 11 postes d'administrateurs sont prévus: 1 pour les Bordeaux et Bordeaux Supérieurs, 1 pour les "Côtes", 2 pour les Fronsac et Canon Fronsac, 2 pour les Pomerol, 1 pour les Lalande de Pomerol, 3 pour les Saint-Emilion et 1 pour les Satellites de Saint-Emilion.

La Guerre des Grands Vins n'aura pas lieu!

Nous avons appris, de bonne source, que les présidents des deux associations se sont rencontré amicalement avec des programmes concertés et un code de déontologie qui va de soit. A la réflexion, il faut bien admettre que l'UGC peut difficilement absorber chez elle beaucoup plus de nouveaux membres qu'actuellement, sans changer fondamentalement le service "cousu main" que son équipe permanente prodigue à ses membres.

Aujourd'hui, plus que jamais "Bordeaux" à la nécessité de s'unir et faire front face à un marché plutôt morose.