Le Point /                                              Bordeaux Primeurs 2002                                            16/05/03 - N°1600 

Fronsac et canon-fronsac

On a vite fait le tour de la bibliographie traitant de Fronsac : les meilleurs ouvrages vont évoquer les paysages pittoresques, les vieilles églises, les châteaux anciens, les buttes ou tertres du sommet desquels la vue est magnifique, et la position stratégique qu'ils représentaient au Moyen Age. Certains rappellent que les fronsacs eurent leur heure de gloire à la cour de France, sous Richelieu, qui en était friand. Plus spécialisés, d'autres ouvrages précisent que si toutes les communes de l'AOC peuvent revendiquer le nom de fronsac, seules Saint-Michel-de-Fronsac et Fronsac ont le droit de donner le nom de canon-fronsac à leurs vins. Bref, Fronsac évoque un irréductible petit village préservé de tout ce qui est médiatique ou du domaine de la promotion. La présence dans l'encépagement traditionnel de cabernet associé au merlot laissait augurer une bonne réussite en 2002. La dégustation nous en a apporté la preuve, la majorité des vins présentés au Cercle de la Rive droite était de niveau fort honorable, certains même rivalisant avec les crus classés de Saint-Emilion.

Jacques Dupont

Barrabaque

13 - Le bouquet est fruité, de bonne intensité avec du bois neuf. La bouche est vive, assez élégante, savoureuse, mais la finale se durcit sur des notes amères de bois brûlé.

O = 2008 G = 10 ans

Cassagne-Haut-Canon- La Truffière

Doit son nom à une véritable truffière au coeur de la propriété.

13,5 - Bon fruit au nez, bouche sans éclat, le tanin est rond, jovial, la finale sans dureté.

O = 2008 G = 15 ans

Dalem

14 - Un échantillon très boisé, clou de girofle, austère. Bouche très dominée par le bois, le tanin est rude, la finale sans grâce sur des notes rugueuses. A revoir après élevage.

O = 2005 G = 12 ans

La Dauphine

13,5 - Fruit, framboise et cassis. Bouche souple, un peu fuyante, fraîche, texture moyenne, vin de plaisir immédiat.

O = 2006 G = 12 ans

Haut-Carles

Le responsable de la propriété est l'oenologue Christian Veyry, par ailleurs propriétaire en côtes-de-castillon

15 - Beau nez de fruits noirs, myrtille, vanille poivre, café. Les notes moka se retrouvent en bouche, la chair est pleine, l'ensemble puissant et élégant.

O = 2008 G = 15 ans

Canon-de-Brem

14,5 - Nez ouvert, rose fumée, fruits rouges confiturés. Attaque sur le fruit, corps bien musclé, la finale très boisée offre un peu de sécheresse.

O = 2008 G = 15 ans

Chadenne

14 - Un nez d'agrumes, réglisse, cacao, peau d'orange. Sérieux, charpenté, boisé, demande à s'ouvrir après l'élevage, en l'état assez austère.

O = 2005 G = 10 ans

Du Gaby

14,5/15 - Sur la prise de bois, qui couvre un fruit mûr, un peu confit, poivré. Belle bouche de satin, riche texture, un beau tanin bien extrait prolongeant les sensations onctueuses en finale.

O = 2008 G = 15 ans

Moulin-Haut-Laroque

15,5 - Beau nez confituré, boisé toasté, poivré. La bouche ne manque pas d'élégance, avec un fruit bien exposé, la finale, tannique, se resserre sur un tanin au grain dense.

O = 2007 G = 12 ans

Moulin-Pey-Labrie

15,5 - Fruits mûrs, épices, fumée, engageant. Du gras en bouche, du boisé grillé, une finale de tanins amples, onctueux, belle longueur.

O = 2008 G = 15 ans

De la Rivière

Le plus beau château de la région, qui devrait en être la locomotive au plan viticole. En fait, produit la plupart du temps des vins frais, gentils, souples, à boire dans leur jeunesse

13,5 - Joli nez parfumé, fruits rouges, mûre, un boisé grillé. Bouche ronde, crémeuse, un tanin doux, manque de fermeté.

O = 2005 G = 10 ans

Les Trois-Croix

Propriété de la famille Léon, des merlots âgés, 40 ans en moyenne, 10 % de cabernet franc.

14,5 - Un fruit très mûr, confituré, prune, épicé, poivre et vanille. Bouche imposante, beaucoup de gras, manque un peu de vivacité.

O = 2007 G = 12 ans

Vieille-Cure

15 - Bouquet puissant, boisé, baies noires, épicé. Bouche charnue, crémeuse, un tanin bien extrait, gras, habille bien la finale.

O = 2005 G = 12 ans

Villars

« On n'a pas fait forcément le grand vin là où on le récoltait d'habitude. La circulation de l'eau a été déterminante. Les terroirs où il y avait de l'argile ont largement été supérieurs à ceux qui étaient plus secs, qui n'ont pas permis d'alimenter les ceps et le fruit pendant la période de maturation », confie Thierry Gaudrie.

70 % merlot, 19 % cabernet franc, 11 % cabernet-sauvignon.

15 - Beau fruit au nez, prune, pointe de cannelle et de poivre, bouche ronde avec des notes fumées, tanins moelleux, belle acidité qui garantit la longévité.

O = 2007 G = 15 ans